30 mai 2007

D'autres produits qui ont changé ou qui changeront la vie

Playstation, Wii, xBox...

Peu importe la machine, ce sont les jeux auxquels elles permettent de jouer qui comptent. Ces jeux façonnent de nouvelles intelligences. Tetris, Grand Theft Auto, Sims, World of warcraft, chaque jeu devient de plus en plus sophistiqué et complexe. Home qui se jouera sur Playstation 3 rendra Second Life désuet. Les jeux vidéos c’est un business bien plus important que la production de film ou l’édition de livres. C’est un business qui rend tout plus complexe. Pensez aux films et aux séries télé. Dans le temps, on avait Starsky&Hutch, deux flics poursuivant des méchants et chaque épisode clôturait une intrigue. Dans les Sopranos, il y a plus de 20 personnages récurrents et 12 trames à suivre qui s’entremêlent. C’est plus complexe . Chaque séquence d’un épisode fait référence à des informations d’un autre épisode. Cette complexité des intrigues se retrouve au cinéma. Comparez la trilogie de Star Wars et celle de Lord of the rings. Dans le premier, il y a 10 personnages clés. Dans le second, trente. Est-ce parce que les réalisateurs sont joueurs de jeux complexes ? Est-ce parce que le public y joue et devient de plus en plus sophistiqué ? Ou est-ce la faute des deux. Peu importent. La rapidité et la complexité des jeux permettent aux neurones d’absorber des choses de plus en plus complexes. Nos esprits ont appris à jongler. Et cela touche même les plus jeunes. Finding Nemo a une structure narrative bien plus complexe que Bambi. Bref, ces jeux ne nous abrutissent pas autant qu’on le dit. Ou alors ils monopolisent nos neurones pour que nous ne renoncions à les exercer à la pensée. Qui sait ?


Amazon

Hoeveel boeken worden nog verkocht via een boekhandelaar. Ik durf het niet zeggen.
Maar Amazon heeft dit markt veranderd. “The truth is that we only have one trick - but it is a very good one. We concentrate in achieving that every ‘experience’ that a customer has with us is perfect.”, zei Jeff Bezos, stichter van Amazon. En de ervaring is wel uitstekend. Je krijgt keuze, vordelige voorwaarden, service, advies en aanbevelingen op maat. Met Amazon leert iedereen wat service betekent. Amazon maakt iedereen ook veeleisender dans vroeger. Amazon is kenmerkend van wat ik noem de “what can I do for you economy”. een economie dat zich niet langer beperkt tot online verkopers.

Bluetooth.


Ce n’est pas un media. C’est une technologie. Elle équipe la plupart des GSM d’aujourd’hui.
Avec bluetooth, si je suis gérant d’un quick, je pourrais contacter tous ceux qui passent devant chez moi et leur envoyer un code barre, un bon de réduction ou que sais-je ? Sachant que la décision de se rendre dans un fast-food se prend dans les 15 minutes qui précèdent l’entrée, avec Bluetooth, je maximiserais mes chances d’attirer le chaland. Pas besoin d’opt-in, la technologie demande au préalable si vous acceptez une connection avec un autre émetteur. Il n’y a donc aucun risque de Spam. Le problème, c’est le coût de la communication et en Belgique, nous ne sommes pas les plus gâtés.

DVD

Ce que les DVD ont apporté d’unique c’est, enfin, une technologie unique et universelle. On ne doit plus s’inquiéter de savoir si le film est compatible VHS ou Betamax ou Video 2000. Les fabricants se sont mis d’accords, ouf. Mais là où les dvd ont le plus changé nos vies c’est en nous offrant leurs bonus et particulièrement les making-off.
Aujourd’hui, on veut connaître les coulisses. On veut savoir plus. Le DVD permet de voir de bons films dans votre intimité tout en entrant dans l’intimité du réalisateur. C’est donnant-donnant. Un échange qui amène les réalisateurs comme Besson ou Van Dormael à publier leur script avant le tournage. "Ce scénario", écrit Jaco Van Dormael, "n'est pas encore tourné. Je vous le donne à rêver. avant qu'il ne pleuve le jour où il est écrit "ciel bleu". Avant de prendre les ciseaux pour qu'il entre dans le budget." A nous de rêver, nous dit-il.

Video on demand

C’est dépassé. L’avenir, c’est VpodTV, le video publishing on demand. Sur leur site, vous pouvez lancer votre propre TV. Vous chargez par PC ou par GSm les vidéos que vous venez de prendre. Vous les publiez ensuite et, si vous voulez, une troisième étape vous invite à monnayer vos créations. Personne ne promet de gros revenus. Mais si vous vous souvenez des 98% d’inventaires que iTunes et Amazon vendent, il n’y a que 2% de chances que vos créations ne trouvent pas aquéreur. Selon le cabinet Accenture 55% du contenu des video en ligne sera du contenu généré par l’utilisateur d'ici 2010.

Alicaments, functional food, organic food et Biomachins.

Le désir de santé n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau c’est la place qu’il prend dans notre quotidien. Tout concourt à promouvoir le mieux-être, la forme et la longévité. Les media s’emparent du sujet, la santé pasionne les foules. La quête du plaisir immédiat et l’hyperconsommation amènent un lot d’angoisses. Le consommateur a peur de l’impact des ondes du GSM sur le cerveau, de la menace des OGM sur l’organisme, des rayons de soleil et du cancer de la peau, il se méfie de la viande qu’il mange, de l’eau qu’il boit, du poids qu’il prend, du cholestérol qui le gagne. La sécurité sanitaire a beau progressé, la peur augmente. A côté du plaisir immédiat il y a la prévention des angoisses du futur. Ce qui change fondamentalment c’est le rapport au temps : il faut le remplir à tout prix.

Low Cost airlines et TGV.


Grâce à eux, le monde devient village et le consomateur a pris le goût du voyage. Ce que cela change, c’est que dans le temps le consommateur se rendait dans les commerces, aujourd’hui se sont les comerces qui se rendent vers lui. Les supermarchés s’installent le long des autoroutes, les gares et les aéroports se transforment en centres commerciaux. La chaîne Coop en Suisse a introduit un magasin sur la ligne Zurich –Berne avec 900 produits, Virgin atlantique offre des jeux d’argent sur ses vols vers l’asie, certains airbus A 380 pouraient être équipés de machines à sous. Sur les lignes TGV on aura l’accès à Internet à haut –débit, à un serveur avec films multiples. Les voitures s’équipent de centres multi-media. Les voyages se multiplient et s’accélèrent mais tout est fait pour qu’on oublie le temps qu’ils prennent, si petit soit-il.

Max Havelaar et Télévie.

Max Havelaar, le symbole du commerce éthique. Un secteur en pleine progression. Selon l’institut Mori, 18% des britanniques et 14% des néerlandais ont déjà boycotté des produits en fonction de critères citoyens. En parallèle, le show business caritatif progresse aussi : télévie, Cap 40, gala de la croix-rouge, etc. Surconsommer et donner , ce n’est pas incompatible. En Angleterre, je suis tombé sur un magazine, the new consumer, qui ne parle que de commerce équitable et de produits biologiques. Je l’ai lu dans l’Eurostar. Pour passer le temps, en goûtant un chocolat organique, équitable et fonctionnel.


Patrick Willemarck


28 mai 2007

Mieux vaut naître vache que pauvre.

J’ai envie de vous parler d’Adam Smith. Ce n’est évidemment ni à un publicitaire, ni à un fabricant d’armes que je pense mais bien au très vieux fondateur de la pensée économique libérale et chantre de la division du travail.

En observant la fabrication des épingles, il avait découvert 18 opérations séquentielles qui permettaient à un artisan d’en fabriquer 20 par jour
à lui seul. En divisant les 18 opérations entre 10 personnes il parvint à en fabriquer 4800. La preuve était faite, la productivité passait par la division du travail. Henri Ford s’en inspirera pour son travail à la chaîne dont le but ultime n’était pas tant la fabrication de voiture que la création de consommateurs.

Charlie Chaplin démontrera non sans humour dans son film « Modern Times » que ces pauvres ouvriers condamnés à répéter la même tâche tous les jours devenaient de parfaits abrutis. Ils devenaient juste bons à reproduire l’acte demandé au boulot et à se reproduire à la maison. Il ne m’appartient pas de vous dénombrer les abrutis qui peuplent notre planète depuis lors. Ce qui m’intéresse c’est le sursaut de productivité que permet la division du travail, une division qui ne s’applique pas qu’au travail à la chaîne. Heureusement, nous serions tous des abrutis au volant d’une Ford T, noire.

Les fruits de la division du travail se trouvent tous les soirs sur votre table. Quand vous passez à table, à la maison, vous ne le devez pas à la générosité de Delhaize, ni à celle du cultivateur, du boucher, du brasseur ou du boulanger. Tous ces biens sont arrivés sur votre assiette parce que ses gens ont chacun très égoïstement veillé à leurs propres intérêts. « C’est en travaillant à son intérêt personnel que chacun finit par travailler de manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société que s’il avait réellement pour but d’y travailler. » C’est ce que nous dit Adam Smith. Il évoque à cet effet le concept d’une main invisible qui veille à ce que tous les efforts individuels participent à un équilibre optimal pour l’ensemble des acteurs de notre société.

Léon Walras, un autre économiste, précisera cette pensée : chaque acteur dans un marché recherche à maximiser ses intérêts. Et, en situation de concurrence parfaite, cela conduit à un équilibre optimal.
Hélas, la concurrence n’est pas parfaite et rend cet équilibre inaccessible. Il semble en effet, qu’il n’y ait pas d’équilibre qui satisfasse à la fois distributeur et consommateur, salarié et employeur, épargnant et prêteur, travail et capital. L’ambition d’arriver à cet équilibre mène le monde, malgré tout. Mais où ? Les maximiseurs d’intérêts particuliers n’ont pas empêché une vache européenne de recevoir 2 $ / jour de subsides alors que la banque mondiale définissait le seuil de pauvreté à un niveau de revenu équivalent. 2 $ chacun, y a-t-il un lien ? Je ne sais pas, mais il vaut mieux naître vache en Europe que pauvre dans le tiers-monde. Équilibre où es-tu ?

Nos métiers ne semblent pas rassembler les champions de l’équilibre non plus. Le consommateur dicte sa loi et la dictera de plus en plus. C’est pour cela que j’encourage les entreprises à développer une ‘valeur d’usage supérieure’ pour tous leurs stakeholders. Cette valeur unique qui vous rend plus utile que vos concurrents dans la vie quotidienne de vos stakeholders.

Vous pourriez, par exemple, vous inspirer de ce qui se fait dans le monde de la technologie où la plupart des innovations viennent des utilisateurs. La ‘user generated innovation’ est une tendance de fond selon la Stanford University. L’approche est très profitable tant que l’utilisateur en question a un intérêt personnel et important à ce que cette innovation se réalise. On en revient à Adam Smith. L’intérêt particulier prime sur la générosité.

Le consommateur lambda a tout pour être heureux. Quel intérêt aurait-il à vous aider à innover ? Aucun sauf si vous comprenez que ce consommateur gâté et omnipotent développe ses propres stratégies pour maximiser son bien-être. Cela a commencé quand il mettait une cravate dans l’espoir d’obtenir un crédit du banquier. Mais cela va bien plus loin. Aujourd’hui, des femmes actives se retrouvent régulièrement sur un blog (ladiesroom.skynetblogs.be) pour échanger des points de vue sur tous les produits, services, règlements et attitudes qui ne tiennent pas compte de la vie que mènent ces femmes. D’autres consommateurs se fédèrent pour acheter moins cher. D’autres se réunissent pour banquer sans banquier. Et je ne parle pas des start-up qui se demandent bien pourquoi elles auraient besoin d’une agence de pub. Il trouverait peut-être intéressant que vous l’aidiez dans le développement de ces stratégies.

Nos clients et les clients de nos clients ont des stratégies qui visent à maximiser leur bien-être. Et nous, nous nous contentons bien souvent de développer des stratégies qui restent « market-driven », en produisant un peu plus ou un peu mieux que le concurrent. Ce qui conduit à une surenchère qui érode les marges. La survie n’est pas fonction du concurrent. Elle est fonction de disruption avec la concurrence. Elle dépend de votre capacité à mener un marché : to drive a market.

Et cette capacité passe définitivement par la stratégie de vos clients. Alors, je vous invite à diviser le travail. Pourquoi ne pas confier à nos clients une partie de la tâche qui consiste à les satisfaire au-delà de toutes attentes ? C’est vache ? Pas forcément. Souvenez-vous du titre. Souvenez-vous du flatpacking ou de l’open-stock d’Ikea, c’était cela aussi : ils confient le montage et le transport des meubles aux clients. Ikea peut se concentrer sur le design plutôt que le montage et le transport, le client, quant à lui, a plus de choix et un prix plus attractif. Du win/win sans escalade de coûts. CQFD.
Patrick Willemarck pour Media Marketing

Religion


" Je suis né de réligion hébraïque mais après, je me suis converti au narcissisme."

Woody Allen
dans son film Scoop.

A propos d'imbéciles.


"Le problème du monde, c'est que les imbéciles sont présomptueux et les gens intelligents bourrés de doutes." Bertrand Russel

"On est stupéfait de la quantité de critiques que peut contenir un imbécile." Victor Hugo

23 mai 2007

le bonheur


"Il ne faut pas de tout pour faire un monde, il faut du bonheur et c'est tout."

Paul Eluard

01 mai 2007

Adam était libre dans l'Eden

C'est la thèse d'André Chouraqui. Adam était totalement libre dans l'Eden. Mais les hommes, sa succession, choisirent de devenir esclaves par peur des responsabilités. Ils tissèrent les liens d'une vie médiocre mais rassurante. Onfray, lui, voit des marionnettes à la place des esclaves. Des marionettes sur une scène bien trop grande pour leurs petits destins. Il a écrit cela avant de débattre des choses de la vie avec Sarko.

Rendre grâce aux arabes

Je ne résiste pas à l'envie de vous livrer encore une petite référence à Philippe Val (Voir plus bas) dans son "traité de savoir survivre". Il y écrit que toute l'humanité peut rendre grâce aux arabes de leur avoir livré, avec Shéhérazade et les contes des milles et une nuits, ce très beau message: tant que l'on a quelque chose à raconter, on ne meurt pas.

L'esthétique prime.

Extrait du livre de Philippe Besson, Se Résoudre aux adieux. Un très beau livre composé comme un receuil de lettres qu'une femme envoit à un amour devenu impossible qui ne répondra pas. Elle écrit de New York, Venise, de l'orient Express et de Paris. Arrivée à Venise, toujours éffondrée de chagrin, voici ce qu'elle évoque dans une de ses lettres:

" Sais-tu que New York et Venise ont ceci en commun que des tours s'y écroulent ? Ici, ce fut le Campanile sur la place Saint-Marc. Il est tombé il y a longtemps, un 14 juillet, sans faire de bruit ni de victimes, là est la différence. On ne saluera jamais assez l'élégance surannée de la Vénétie. Les effondrements n'y ont rien de tragique : l'esthétique prime."

Traité de savoir survivre.

C'est le titre d'un très beau livre écrit par Philippe Val, le directeur de Charlie Hebdo. Un livre qui invite à la réflexion dans un style accessible et agréable à lire. Pour vous mettre l'eau à la bouche, laissez-moi vous raconter l'histoire de ce nazi qui dans un camp de concentratiion demande à des juifs appelés à être tués le jour-même de saisir leurs violons et de lui jouer un air de Schubert. Les musiciens y mettent toute leur âme avec une faible espoir d'éviter le pire si la musique plait à leur bourreau. Le bourreau fond. Les notes si finement jouées lui arrachent des larmes aux yeux. Le morceau fini, il sèche ses yeux et envoit les juifs à la chambre à gaz. Comment est-ce possible? Faut-il être inhumain pour agir ainsi ? Comment peut-on être si sensible à la musique et si insensible humainement ? Philippe Val suggère qu'il y a dans l'amour de la musique quelque chose du coït ancestral. C'est viscéral, animal. On veut s'épancher, se faire plaisir. Le nazi jouit du moment. Après, il remonte son pantalon. C'était bon. C'est tout. Philippe Val en conclut qu'on ne peut pas se contenter d'aimer la musique. Il faut aimer "aimer la musique". Notre Nazi aurait du aimer "aimer Schubert" et voir dans ces interprètes d'un instant des agents du grand musicien qu'ils aimaient en partage. D'où l'importance de l'éducation à l'art, à la philosophie, à l'altérité. Un très beau livre qui aide à faire la part entre les lois de la nature et celles de la culture.
Dans un roman de l'allemand Danile Khelmann, Le prince des mathématiciens, Gauss, évoque la tyranie de ces lois de la nature qu'étudie Philippe Val.
Gauss
par l'intermédiare de ce romancier dit "qu'on croyait toujours être maître de sa destinée. On créait et on découvrait des choses, on achetait des biens, on trouvait des gens qu'on aimait plus que sa propre vie, on engendrait des enfants, peut-être intelligents, peut-être idiots, on voyait mourrir la personne qu'on aimait, on devenait vieux et stupide, on tombait malade et on finissait sous terre. On pensait avoir tout décidé soi-même. Seules les mathématiques nous montraient qu'on avait toujours suivi le mouvement. Le despotisme quand j'entends cela. Les princes, eux ausi, n'étaient que des pauvres bougres qui vivaient, souffraient et mourraient comme les autres. Les vrais tyrans étaient les lois de la nature."
Gauss n'en n'a pas moins arpenter le monde comme le suggère le titre de ce merveilleux roman que je vous conseille aussi: Daniel Kehlmann, Les arpenteurs du monde, chez Acte Sud. L'autre arpenteur est Humboldt.
Tout cela invite à la philosophie dans le sens où l'exprime Michel Onfray dans un de ses derniers livres, "La puissance d'exister". "Philosopher", écrit-il,"c'est rendre viable et vivable sa propre existence là où rien n'est donné et tout reste à construire." Il y plaide pour un monde dénué de transcendance où nous n'avons de compte à rendre qu'à nos semblables. Un monde où la morale se résume en un impératif hédoniste, une immanence du plaisir qui invite à jouir et faire jouir sans faire de mal ni à soi ni à personne. "Voilà toute morale".

Gauche - droite, gauche - droite, gauche - droite...

A ce rythme on finit par marcher au pas. Les vieux clichés semblent condamner à disparaître en ces périodes électorales où des Bayrou et autres Milquet se mettent entre deux chaises pour récolter les mécontents du socialisme ou du libéralisme. Cette position ne fait que renforcer la polarisation. Ce faisant on oublie que le libéralisme, à l'origine, est un mouvement contestataire et donc bel et bien de gauche. C'est par abus de language et parfois par abus des tenants du titre qu'on a fini par étiqueter les partisans du libéralisme comme des conservateurs et les autres comme des gauchistes réformateurs ou rêveurs. Fondamentalement, aujourd'hui, qui peut encore oser prétendre qu'il faut être conservateur. Pour conserver notre planète, c'est du changement qu'il faut. Et la gauche a du boulot, paradoxalement. Que ce soit Elio Di Rupo ou Ségolène. Pour eux et leurs sympathisants je veux retenir ces mots de Jean Daniel dans le Nouvel Observateur du 26 avril: "On doit comprendre que pour la gauche les valeurs de solidarité dominent mais non éliminer les valeurs de compétition. Que la volonté de répartir les richesses doit être associée à l'obsession d'en créer. Qu'aucune dépense ne doit être promise qui ne soit compensée par l'annonce d'une recette équivalente..."
Ce que je crains, c'est que les voix qui se gagnent entre deux chaises soient celles d'électeurs que la politique laisse trop souvent entre deux chaises. Les voix des classes moyennes, des indépendants. Et ces gens là peuvent être la meilleure et la pire des choses parce qu'ils ont trop de soucis pour se péoccuper de la démocratie et de la politique. Ces gens là amènent des Bush au pouvoir. Ils pourraient bien y amener un Sarkozy dont Michel Onfray fait un portrait inquiètant dans la revue Philosophie:
"J'ai de la compassion pour un être qui se détourne autant de lui-même, qui déteste son enfance,, qui rit du projet de Socrate (connais-toi toi-même), qui veut toujours être dans un temps qui n'existe pas et qui, pour ce faire, piétine son présent avec la même ardeur qu'il foule son passé lointain; j'ai de la compassion pour cet individu qui voudrait tellement être aimé et, maladroit, se fait tellement détester; j'ai de la compassion pour cet homme blessé qui croit pouvoir panser ses plaies aves les fétiches de la puissance; j'ai de la compassion pour cet homme fragile qui surjoue tellement la force ; j'ai de la compassion pour cet homme qui n'échappera pas à lui-même : qu'il soit un jour président de la République ou qu'il ne le soit pas."
Et moi j'ai peur d'un homme qui dit "sans règles, pas de transgression. Donc pas de liberté..." Que mon fils le pense et le joue à 15 ans, c'est sain. A l'âge de Sarko, y aurait comme un souci que 30% des français ne voient pas. (A lire également, Courrier International et sa une sur Sarkoland). Mais voilà, cela me rappelle la question que me posait un de mes premiers patrons à propos de la pertinence d'une recommandation que nous faisions: "do you want to be right or president ?" Je n'y peux rien, mais des deux options, je garde une préférence pour celle de gauche. J'aime bien que ce soit juste. Mais il ne me déplaît pas non plus d'avoir raison, jusqu'à preuve du contraire ;o)

La bonne taille.


Coluche a dit un jour que le débat entre grands ou petits était tout à fait dépassé. La bonne taille précisait-il, c'est celle qui permet aux pieds de toucher le sol.
J'adore. Même si je pense que l' extension idéale relie la tête dans les étoiles aux deux pieds sur terre pour nous faire entrer dans l'infiniment grand. L'infiniment beau.

Welcome on Patrick Willemarck's blog

I'm the founder of Dialog Solutions.
On this blog I want to share views and opinions about business and more specifically about Brands, Consumers, Marketing, market research, innovation, loyalty, etc., all those business aspects that are deeply affected by social media.
Every company shouldn't be present on every social media network. but every company is becoming porous to the outside world and has therefore to become both social and media.

Patrick