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02 mars 2008

Les cockers , les fascistes et une pensée émue pour Bush.

Le dillettante a édité un petit roman de Cyril Montana, La faute à Mick Jagger. Outre les 40 ans de 1968, le lire est un plaisir savoureux. Je ne résiste pas à la tentation de deux petits extraits.

Le premier sur les Cockers qui nous renvoit un peu à ce coeur de l'Amérique profonde qui a élu Georges Bush. "Il paraît qu'à force de se reproduire entre eux les cockers sont devenus les chiens les plus cons de la planète. La consanguinité ça fait des dégâts, ce doit être comme les Berrichons ou les Texans, et tous ceux qui vivent au milieu d'un pays. Les uns sur les autres avec les mêmes idées qui baisent entre eux. Sans mouvement, sans nouvelles têtes. C'est ça le terreau du fascisme. Les cockers sont des fascistes qui s'ignorent."

L'autre extrait est une conversation entre un jeune fils et le père atteint d'une maladie incurable à force d'injections nocives. "Mais qu'es-ce qui m'arrive Papa, est-ce que je suis fou, dis. Et ce dernier de lui répondre. Tant que tu te poses la question ça va, car il n'y a que les fous qui ne se rendent pas compte qu'ils le sont." Je ne pense pas que Bush doive se poser beaucoup de questions de ce type. Ce qui est fou pour lui, c'est la perspective d'un noir ou d'une femme à la présidence.


10 février 2008

Bizarre

Je reçois rarement des briefings de MM , mais là on m’avait demandé un papier sur la curiosité et une semaine plus tard on me demande de me taire. Serais-je trop curieux ? Serait-il trop curieux de demander à un curieux de parler de curiosité. ? Encore faudrait-il savoir de quelle curiosité on voulait me faire parler. Un seul mot en français couvre quatre sens différents en flamand: nieuwsgierigheid (l’envie de savoir, de découvrir du neuf); leergierigheid (l’envie d’apprendre); bezienswaardigheid (quelque chose ou quelqu’un qui vaut le détour, qui mérite une visite) et enfin il y a “de rariteit”, l’objet curieux qu’on recherche, les curiosités à découvrir. Quand on vous dit que le Flamand est plus riche que le francophone, la sémantique ne peut que le confirmer. Comment un francophone peut-il rassembler autant de sens en un seul mot ? Comment ne réalise-t-il pas que cette limitation du langage ne peut-être que source de malentendus ?

La curiosité malsaine, par exemple, est-elle le fait d’un objet rare et infectieux ou n’est-ce qu’une envie de savoir les petits secrets du voisin pour les trahir ? La curiosité malsaine est-elle la découverte en Allemagne d’un petit film pour une chaîne de magasins de télécoms qui va inspirer d’autres créatifs pour faire bien mieux et beaucoup plus fin pour Proximus ? Tellement mieux et tellement fin que la curiosité publicitaire allemande (ce petit film) a donné lieu à une curiosité publicitaire belge (un autre film, mais grand, cette fois)) dont les jurys internationaux ont estimé qu’elle valait le détour. Curieux, non ? Et tout cela, je le tiens d’un publicitaire curieux, et sans doute un peu jaloux, qui me l’a rapporté. Comme je suis curieux de tout, je l’ai écouté. C’est lui qui a découvert la curiosité allemande. Est-ce une curiosité malsaine de sa part ?

On s’en fout en fait. Parce que l’agence qui a produit cette belle curiosité reconnue internationalement a décidé de ne plus vouloir participer dans un seul concours publicitaire.
Bravo Paul, tu as eu ton dernier Award au Merit Awards. Et cela, c’est vraiment curieux.
Comment une agence créative qui a profité des awards pour bâtir sa réputation et attirer le talent peut-elle y renoncer ? Elle n’a peut-être plus besoin de talent, elle en a assez. Et le talent, ça compte pour rien. Ce qui compte c’est sa sueur: inspirer, transpirer, inspirer, transpirer...

Le créatif de talent étant attiré par les prix que gagne une agence comme une mouche est attirée par la merde, les prix ont eu leur effet, maintenant cette agence devra le garder (Ne détournez pas ce que je viens d’écrire, je dis bien que ce sont les mouches qui sont attirées par la merde, pas les créatifs). Et pour garder ce talent et continuer à le faire suer, à mon avis, ce ne sera pas une affaire de prix mais une affaire de culture d’entreprise. Une culture qui vient du sentiment de participer à quelque chose d’unique. Et ce qu’ils viennent de faire, aussi curieux que cela puisse paraître, c’est unique. Ils ont tué une vache sacrée.

C’est comme dans les détergents. Les fabricants sont restés des années engoncés dans de vieilles habitudes. Leurs vaches sacrées consistaient à dire qu’il n’y avait pas d’avenir pour un détergent qui ne serait pas soit en poudre soit liquide. Encore moins s’il prétend faire autre chose qu’enlever les salissures des vêtements. Et enfin il était souhaitable que le détergent ait une odeur une peu chimique ou clinique ou fraîche mais rien d’autre. Last but not least, le détergent devait être puissant. Ces règles ont sévi pendant près de trente ans dans le secteur. C’étaient leurs vaches sacrées. Heureusement, ils les tuent petit à petit. Le détergent, aujourd’hui, assouplit, parfume et enlève les odeurs. Tide a lancé aux USA des détergents avec des huiles relaxantes, Henkel se lance dans l’aromathérapie. Il faut savoir tuer les vaches sacrées et applaudir ceux qui s’y risquent. Je dis donc bravo.

Rien que pour cela je trouve qu’ils auraient encore mérité le prix d’agence la plus créative. Pourquoi se faire juger par ses pairs (et impairs), curieux et jaloux alors que les prix, c’est dans la rue et sur la toile qu’il faut les gagner en suscitant de l’adhésion du public à la marque au lieu de faire un peu de tout et beaucoup de n’importe quoi sous prétexte que cela fasse du bruit.

Faire du bruit. C’est la dernière curiosité du secteur: le buzz. C’est curieux, le mot rappelle le bruit des mouches. Et pourtant, il n’y a rien de neuf là-dedans. Le bouche-à-oreille a toujours été le meilleur media. Mais cela demande plus que de l’essaimage comme le mot buzz le suggère. J’ai retrouvé des études d’il y a une vingtaine d’année où le consommateur disait déjà qu’il ne croyait pas trop à la pub mais plutôt à l’avis d’un ami, d’un proche. Rien de neuf sous le soleil. L’avis d’un ami, c’est plus que du bruit.

A l’époque, il est vrai, il n’y avait pas de media personnel. Il y avait les media de masse et le marketing direct. Aujourd’hui, il y a ce PC et le GSM face auxquels on est seul, connecté à ce qui nous plaît dans le monde, c’est le media personnel. Mais ce qui plaît dans le monde, c’est dans la rue qu’on a la preuve que c’est vraiment plaisant. Pourquoi est-ce que RTL info marche si fort ? Parce que c’est RTL et qu’on en parle sur RTL. Bien sûr, l’iPhone a été lancé sans pub. Mais sans l’écho qu’il a reçu dans les media de masse, il n’aurait pas le succès qu’il a. Et sans les campagnes qui ont fait la renommée de Apple et de l’iPod, non plus. On doit tuer les vaches sacrées mais ne pas oublier que les individus ont besoin de repères. Les blogueurs se réunissent en live et c’est là que l’esprit de communauté s’installe.

Il me reste une autre curiosité pour terminer : ni le monde des agences (ACC), ni le monde des annonceurs (UBA) ne s’émeut de la possibilité d’une interdiction de la pub sur la RTBF. Pourquoi ? Parce que leurs responsables d’association ne lisent que la presse flamande, sans doute. Je ne vois pas d’autre raison. C’est curieux pour des associations belges

27 janvier 2008

En vente en tissu, carte postale ou auto-collant sur le site de J. de Selliers et chez Plezier.

25 novembre 2007

le capitalisme est malade

"Quand les bourses entrent elles-mêmes en bourse, on se demande si le capitalisme ne se mort pas la queue", me disait le grand entrepreneur belge, Roland D'Ieteren. Il n'a pas tort. 5% de la population mondiale sont actionnaires. Cela fait 300 millions d'individus. On ne peut pas parler pour autant de capitalisme populaire parce qu'ils suivent les injonctions de 10 000 gestionnaires de fortunes gérant 50% des actions de toutes les bourses. Ce sont les 10 000 serviteurs du capitalisme, des fonctionnaires qui imposent les rendements à deux chiffres aux managers d'entreprise. De tels rendements créent le désir d'accumuler de la richesse bien plus que d'acheter des produits comme l'envisageait Henri Ford. On achète des actions, des sicavs au lieu d'une Ford ou autre chose. Du coup le rendement de l'épargne prime sur l'investissement à long terme et le chef d'entreprise se trouve démuni de projets. Il doit délivrer du résultat à court terme. Le capitalisme et l'économie de marché vont devoir réussir une mutation. Ce ne sera pas facile parce qu'il y a une immense inertie dans le système. Comme le dit Luc Féry, "l'histoire se meut hors de la volonté des hommes, comme un vélo qui a besoin de vitesse pour ne pas tomber, il nous faut progresser." Et, soumis à la concurrence mondiale, le progrès est devenu une question de réflexe de survie et pas de réflexion sur la vie et l'ambition qu'elle nous inspire. Tout cela nous a dépossédé de la démocratie. Et cela fait 180 jours que nous sommes sans gouvernement, ici dans ce qui reste de la Belgique.

17 novembre 2007

Tex Avery - TV of Tomorrow

Tex Avery, le visionnaire introduit les débats à la conférence annuelle du MIT: The future of entertainment. C'était ce 15 novembre 2007. Ce petit dessin animé ne vous prendra que 7 minutes. Bon amusement.

28 octobre 2007

Bruxelles, label.

Rudy Aernoudt était à la tribune de la BMMA le 26 octobre. Il venait nous parler du marketing de la S.A. Belgique et répondre à la question que je lui posais en introduction : « quand l’aéroport d’Anvers s’appelle Brussels North et celui de Charleroi, Brussels South, ne doit-on pas se rendre à l’évidence que Bruxelles soit la plus belle marque que la SA Belgique ait dans son portefeuille ? »

La réponse était limpide. Brand Channel, nous a-t-il rapporté, a effectué une étude sur la valeur qu’auraient des villes ou régions en tant que marques. La valeur de la Wallonie et de la Flandres étaient identiques. N’en déplaisent à ceux qui persistent à penser que l’une est plus riche que l’autre, que l’une finance l’autre, que l’une bosse et que l’autre profite, les deux régions valaient 0$. Zéro. Bruxelles, quant à elle, est estimée à 540 milliards de dollars. C’est, nous dit Rudy, deux fois la dette publique. Les états de Virginie et du Maryland, deux états indépendants aux USA, emploient tous les deux, « greater Washington » comme carte de visite pour se promouvoir à l’extérieur. Pourquoi la Flandres et La Wallonie ne s’entendraient-elles pas pour ne promouvoir que Greater Brussels ?

Lors du voyage en Chine avec la délégation princière, Rudy Aernoudt raconte qu’il voit arriver un chinois essoufflé qui lui demande s’il ne sait pas où à lieu la présentation sur la Belgique. Il l’ a rassuré, il était au bon endroit même si tous les panneaux n’indiquaient que Brussels, Wallonia ou Flanders. De Belgique , il n’y avait que la Prince Philippe et la Princesse Mathilde. Pourquoi ne pas unifier nos énergies derrière une seule marque ? En terme de commerce extérieur, pourquoi ne pas suivre le simple adage qui dit « put the money where the business is ». Mais qui gèrera cette marque ? 36 ministres ? Autant l’oublier.

L’idée est trop simple, trop évidente. Soyons sérieux, ne mélangeons pas marketing et politique. Une étude de marché, commanditée par le politique, va démontrer que le Lion Flamand apparaît comme trop agressif aux investisseurs étrangers. Le gouvernement flamand l’ a donc soumis à une opération de chirurgie esthétique réduisant les griffes et les crocs. Je n’ai jamais vu un conducteur de Peugeot se plaindre du « Lion qui sort ses griffes » ni un utilisateur d’huile de moteur Esso se plaindre tu tigre qu’il mettait dans son moteur. Mais que voulez-vous, en politique, seul un bureau d’étude ne saurait mentir. Ils font la pluie et le beau temps chez les maximiseurs de voix que sont les hommes politiques.

Rudi Aernoudt s’est d’ailleurs inquiété auprès de l’ombudsman des pratiques de Fientje Moerman, la ministre flamande de l’économie, qui payait des honoraires de plus de 60000 euro/an (ce sont des montants qui nous réjouiraient, je sais) à un consultant (bureau d’études) pour défendre son image auprès des leaders de l’open VLD. Résultat des courses : ils ont tous les deux sans emploi.

Le rapport d’audit de l’administration flamande sur le département et la gestion de Monsieur Aernoudt épinglait qu’il avait des frais de carburants trop élevés. L'ubiquité consomme. Pour l'administration c'était une façon de dire qu’un fonctionnaire doit fonctionner et pas circuler pour répandre des paroles de trublions. Eric Van Rompuy lui reprochera une opération de team building menée avec son équipe. Ila estimé le coût à 190€ par personnes impliquées dans ce team building. Ils étaient 140. En pourcentage annuel de la masse salariale ce sont des petits investissements qui peuvent rapporter gros. On a démontré que les entreprises où régnait la confiance offraient des ROI trois fois supérieurs à leurs actionnaires. Le team building y est monnaie courante. Mais est-il bon d’inspirer confiance à des fonctionnaires ? Serait-ce politiquement incorrect ? Non, faisons des études et des audits et tenons les fonctionnaires en laisse.

Je ne connais pas Fientje Moerman et encore moins Monsieur Van Rompuy mais j’aime bien Rudy Aernoudt. On me dira que je manque d’objectivité parce qu’il était dans le jury qui a élu mon livre comme livre de management de l’année. Tant pis.

L’homme est vif et identifie sans détour et sans pommade les problèmes qui coincent. Avec la même aisance, il suggère les solutions créatives et pleines de bon sens qui s’imposent. Il les exprime en plus. En Flandres , cela lui a coûté son job. Il y a dénoncé la Herculestichting présidée par Monsieur Leterme, si je ne m’abuse, qui est une fondation dont la fonction principale est de pouvoir y nommer des amis politiques qui ne trouvent plus de places dans nos administrations et cabinets pléthoriques. - Dans le sud , il dénonce le parti socialiste dont deux tiers des électeurs sont au chômage ce qui en fait son fonds de commerce. Croire que de tels fondements peuvent être garant de leur capacité à découvrir les leviers de la croissance est un rêve pour le moins osé. Rudy Demotte essaie. Laissons-lui ce mérite.

Rudy Aernoudt est-il omniscient ? Non. Mais il n’est certainement dépourvu ni de bon sens ni d’ardeur pour le promouvoir. En attendant, nous sommes à la fois les employés et les actionnaires de la SA Belgique et nous laissons éroder notre plus belle marque. Lentement mais sûrement. Quel gâchis.


13 octobre 2007

La transcendance



"Il y a des gens qui dansent sans entrer en transe et il y en a d'autres qui entrent en transe sans danser. Ce phénomène s'appelle la transcendance et dans nos régions il est fort apprécié". Jacques Prévert

26 juin 2007

Le GPS, où suis je, où vais-je, dans quel état j'erre ?



Etait-ce vraiment indispensable ? Non, bien sûr. On aurait pu s’en passer, mais une fois qu’on l’a essayé, on n’imagine plus pouvoir vivre sans. Du coup, comme les voitures ont toutes l’airco et le toit ouvrant, on pourrait renoncer aux fenêtres qui s’ouvraient essentiellement pour demander le chemin (Pour présenter ses papiers à la gendarmerie, on n’a pas besoin de les ouvrir complètement). En attendant le GPS va encore nous surprendre. Couplé à votre GSM appareil de photo, vous pourrez à l’avenir scanner un produit chez Colruyt et vérifier en direct sur le net s’il y a un magasin qui offre le même produit moins cher ? Si tel est le cas, l’appareil vous indiquera le chemin à suivre pour accéder au magasin moins cher. Ce n’est pas de la science-fiction, le produit est testé en Asie. Nous devrons encore patienter. Ce qui laisse un peu de temps à Colruyt et ses concurrents pour se préparer.

Les cartes de crédits et la vie


Avant, on avait le culte du travail que le président Sarkozy essaie de restaurer. On travaillait, on économisait et puis on achetait pour se récompenser. Aujourd’hui, il y a la carte de crédit, un passeport pour le plaisir immédiat, off ou on-line. Plus besoin d’économiser pour acheter, achetez. La couleur de la carte vous positionne. Silver, gold ou platinium elle indique votre niveau de crédit au hit parade des accrocs du shopping. La carte de crédit c’est aussi le paradoxe du capitalisme qui prône le travail intense pour se faire son capital pension et encourage en même temps le laisser-aller, le plaisir immédiat, la détente. La carte de crédit c’est aussi le confessionnal des temps modernes, pour autant que cela vous manque. Glissée dans un bancontact, elle vous dit parfois discrètement que vous avez dépassé vos limites. L’acte de contrition consiste à vous prier de patienter et de renflouer votre compte. Enfin, la carte de crédit devient aussi carte de fidélité. Certaines entreprises et certains clubs permettent à leurs clients fidèles d’avoir une carte de crédit à leur effigie parce qu’ils leur doivent bien cela. Jusqu’à ce que vous vous rendiez compte que c’est vous qui êtes redevable. Ces cartes sont, en quelque sorte, les témoins de communautés d’intérêts débiteurs.

Google dans ma vie.




Google, c'est une porte d’accès à toute la connaissance du monde. Un bouleversement pour l’univers des media classiques et des agences. Une aubaine pour plein de petites entreprises qui arrivent à se faire connaître. Mc Roskey fabrique des matelas depuis 1899. Il en vend à La Reine d’Angleterre et à Steve Jobs. Pour promouvoir ses lits il a distribué une série de petits films documentaires sur le web. Chaque film fait deux à trois minutes et raconte l’histoire de l’entreprise. Pas d’agence de pub, pas de directeur de création, pas de concepteur-rédacteur, juste une équipe de réalisateurs de films documentaires. Le résultat ? Des petits films touchants qui aident à la prise de décision plutôt qu’un barrage de films de trente secondes qui tentent de forcer cette même décision. Schmidt, le CEO de Google a répondu à des étudiants de Stanford que s’il devait recommencer à travailler à leur âge, il se lancerait dans la publicité ciblée. Il sait de quoi il parle. Google n'y est pas pour rien.

Touche pas à mon desktop !




Comme le GSM, il permet de bouger, il facilite le travail à domicile et pourrait participer au désengorgement des routes un jour, peut-être. En attendant, il permet de travailler plutôt que de perdre son temps en transports. Le desktop de votre laptop est un endroit très intime qui devient un enjeu pour les annonceurs. Ils rêvent avec des widgets et autres gadgets de trouver une place sur votre desktop qui vous permettra de penser à eux plus souvent. Une horloge sponsorisée par Breitling, par exemple. Tout le monde essaie, mais personne n’a encore réussi. Il faut que l’utilisateur trouve cela utile et cool. Pas facile. Parce que comme le GSM, son desktop c’est très intime.

L'impact du GSM sur nos vies

Il permet de rester en contact avec tout, où l’on veut quand on veut : des gens, des jeux, des media, des sites, des photos, des petits films. Mais il n’a pas fini de nous surprendre. Google local permettra de trouver sur votre gsm ce que vous cherchez là où vous êtes quand vous y êtes. En Asie, les technologies AGPS et Digital Compass permettent d’utiliser votre GSM dans la vraie vie comme vous utilisez votre souris sur votre écran. Pointez vers l’opéra de Sydney, cliquez et vous aurez le programme.
Pour l’annonceur, le GSM 3G, c’est un rêve : le meilleur moyen de toucher la bonne personne au bon endroit au bon moment. Quoique. Même si cette bonne personne a un jour accepté que vous lui envoyiez des messages, personne ne pourra garantir son humeur le jour où il le recevra. Votre message ne sera pas considéré comme un Spam, il n’en violera pas moins l’intimité du récepteur qui vous en tiendra rigueur.
Le GSM, enfin, est aussi un instrument de parade. Il permet au timide esseulé dans un cocktail de faire semblant d’être en ligne et à d’autres d’affirmer un certain statut en fonction de la marque, du look, du type ( de 3 bandes à 3g) ou de la sonnerie. Equipé de caméra, il conduit à des scènes de violence gratuite qu'on filme pour le plaisir d'un moment de gloriole sur internet: "t'as vu ce que j'ai fait ?" Les fabricants n'y avaient pas pensé.

30 mai 2007

D'autres produits qui ont changé ou qui changeront la vie

Playstation, Wii, xBox...

Peu importe la machine, ce sont les jeux auxquels elles permettent de jouer qui comptent. Ces jeux façonnent de nouvelles intelligences. Tetris, Grand Theft Auto, Sims, World of warcraft, chaque jeu devient de plus en plus sophistiqué et complexe. Home qui se jouera sur Playstation 3 rendra Second Life désuet. Les jeux vidéos c’est un business bien plus important que la production de film ou l’édition de livres. C’est un business qui rend tout plus complexe. Pensez aux films et aux séries télé. Dans le temps, on avait Starsky&Hutch, deux flics poursuivant des méchants et chaque épisode clôturait une intrigue. Dans les Sopranos, il y a plus de 20 personnages récurrents et 12 trames à suivre qui s’entremêlent. C’est plus complexe . Chaque séquence d’un épisode fait référence à des informations d’un autre épisode. Cette complexité des intrigues se retrouve au cinéma. Comparez la trilogie de Star Wars et celle de Lord of the rings. Dans le premier, il y a 10 personnages clés. Dans le second, trente. Est-ce parce que les réalisateurs sont joueurs de jeux complexes ? Est-ce parce que le public y joue et devient de plus en plus sophistiqué ? Ou est-ce la faute des deux. Peu importent. La rapidité et la complexité des jeux permettent aux neurones d’absorber des choses de plus en plus complexes. Nos esprits ont appris à jongler. Et cela touche même les plus jeunes. Finding Nemo a une structure narrative bien plus complexe que Bambi. Bref, ces jeux ne nous abrutissent pas autant qu’on le dit. Ou alors ils monopolisent nos neurones pour que nous ne renoncions à les exercer à la pensée. Qui sait ?


Amazon

Hoeveel boeken worden nog verkocht via een boekhandelaar. Ik durf het niet zeggen.
Maar Amazon heeft dit markt veranderd. “The truth is that we only have one trick - but it is a very good one. We concentrate in achieving that every ‘experience’ that a customer has with us is perfect.”, zei Jeff Bezos, stichter van Amazon. En de ervaring is wel uitstekend. Je krijgt keuze, vordelige voorwaarden, service, advies en aanbevelingen op maat. Met Amazon leert iedereen wat service betekent. Amazon maakt iedereen ook veeleisender dans vroeger. Amazon is kenmerkend van wat ik noem de “what can I do for you economy”. een economie dat zich niet langer beperkt tot online verkopers.

Bluetooth.


Ce n’est pas un media. C’est une technologie. Elle équipe la plupart des GSM d’aujourd’hui.
Avec bluetooth, si je suis gérant d’un quick, je pourrais contacter tous ceux qui passent devant chez moi et leur envoyer un code barre, un bon de réduction ou que sais-je ? Sachant que la décision de se rendre dans un fast-food se prend dans les 15 minutes qui précèdent l’entrée, avec Bluetooth, je maximiserais mes chances d’attirer le chaland. Pas besoin d’opt-in, la technologie demande au préalable si vous acceptez une connection avec un autre émetteur. Il n’y a donc aucun risque de Spam. Le problème, c’est le coût de la communication et en Belgique, nous ne sommes pas les plus gâtés.

DVD

Ce que les DVD ont apporté d’unique c’est, enfin, une technologie unique et universelle. On ne doit plus s’inquiéter de savoir si le film est compatible VHS ou Betamax ou Video 2000. Les fabricants se sont mis d’accords, ouf. Mais là où les dvd ont le plus changé nos vies c’est en nous offrant leurs bonus et particulièrement les making-off.
Aujourd’hui, on veut connaître les coulisses. On veut savoir plus. Le DVD permet de voir de bons films dans votre intimité tout en entrant dans l’intimité du réalisateur. C’est donnant-donnant. Un échange qui amène les réalisateurs comme Besson ou Van Dormael à publier leur script avant le tournage. "Ce scénario", écrit Jaco Van Dormael, "n'est pas encore tourné. Je vous le donne à rêver. avant qu'il ne pleuve le jour où il est écrit "ciel bleu". Avant de prendre les ciseaux pour qu'il entre dans le budget." A nous de rêver, nous dit-il.

Video on demand

C’est dépassé. L’avenir, c’est VpodTV, le video publishing on demand. Sur leur site, vous pouvez lancer votre propre TV. Vous chargez par PC ou par GSm les vidéos que vous venez de prendre. Vous les publiez ensuite et, si vous voulez, une troisième étape vous invite à monnayer vos créations. Personne ne promet de gros revenus. Mais si vous vous souvenez des 98% d’inventaires que iTunes et Amazon vendent, il n’y a que 2% de chances que vos créations ne trouvent pas aquéreur. Selon le cabinet Accenture 55% du contenu des video en ligne sera du contenu généré par l’utilisateur d'ici 2010.

Alicaments, functional food, organic food et Biomachins.

Le désir de santé n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau c’est la place qu’il prend dans notre quotidien. Tout concourt à promouvoir le mieux-être, la forme et la longévité. Les media s’emparent du sujet, la santé pasionne les foules. La quête du plaisir immédiat et l’hyperconsommation amènent un lot d’angoisses. Le consommateur a peur de l’impact des ondes du GSM sur le cerveau, de la menace des OGM sur l’organisme, des rayons de soleil et du cancer de la peau, il se méfie de la viande qu’il mange, de l’eau qu’il boit, du poids qu’il prend, du cholestérol qui le gagne. La sécurité sanitaire a beau progressé, la peur augmente. A côté du plaisir immédiat il y a la prévention des angoisses du futur. Ce qui change fondamentalment c’est le rapport au temps : il faut le remplir à tout prix.

Low Cost airlines et TGV.


Grâce à eux, le monde devient village et le consomateur a pris le goût du voyage. Ce que cela change, c’est que dans le temps le consommateur se rendait dans les commerces, aujourd’hui se sont les comerces qui se rendent vers lui. Les supermarchés s’installent le long des autoroutes, les gares et les aéroports se transforment en centres commerciaux. La chaîne Coop en Suisse a introduit un magasin sur la ligne Zurich –Berne avec 900 produits, Virgin atlantique offre des jeux d’argent sur ses vols vers l’asie, certains airbus A 380 pouraient être équipés de machines à sous. Sur les lignes TGV on aura l’accès à Internet à haut –débit, à un serveur avec films multiples. Les voitures s’équipent de centres multi-media. Les voyages se multiplient et s’accélèrent mais tout est fait pour qu’on oublie le temps qu’ils prennent, si petit soit-il.

Max Havelaar et Télévie.

Max Havelaar, le symbole du commerce éthique. Un secteur en pleine progression. Selon l’institut Mori, 18% des britanniques et 14% des néerlandais ont déjà boycotté des produits en fonction de critères citoyens. En parallèle, le show business caritatif progresse aussi : télévie, Cap 40, gala de la croix-rouge, etc. Surconsommer et donner , ce n’est pas incompatible. En Angleterre, je suis tombé sur un magazine, the new consumer, qui ne parle que de commerce équitable et de produits biologiques. Je l’ai lu dans l’Eurostar. Pour passer le temps, en goûtant un chocolat organique, équitable et fonctionnel.


Patrick Willemarck


28 mai 2007

Mieux vaut naître vache que pauvre.

J’ai envie de vous parler d’Adam Smith. Ce n’est évidemment ni à un publicitaire, ni à un fabricant d’armes que je pense mais bien au très vieux fondateur de la pensée économique libérale et chantre de la division du travail.

En observant la fabrication des épingles, il avait découvert 18 opérations séquentielles qui permettaient à un artisan d’en fabriquer 20 par jour
à lui seul. En divisant les 18 opérations entre 10 personnes il parvint à en fabriquer 4800. La preuve était faite, la productivité passait par la division du travail. Henri Ford s’en inspirera pour son travail à la chaîne dont le but ultime n’était pas tant la fabrication de voiture que la création de consommateurs.

Charlie Chaplin démontrera non sans humour dans son film « Modern Times » que ces pauvres ouvriers condamnés à répéter la même tâche tous les jours devenaient de parfaits abrutis. Ils devenaient juste bons à reproduire l’acte demandé au boulot et à se reproduire à la maison. Il ne m’appartient pas de vous dénombrer les abrutis qui peuplent notre planète depuis lors. Ce qui m’intéresse c’est le sursaut de productivité que permet la division du travail, une division qui ne s’applique pas qu’au travail à la chaîne. Heureusement, nous serions tous des abrutis au volant d’une Ford T, noire.

Les fruits de la division du travail se trouvent tous les soirs sur votre table. Quand vous passez à table, à la maison, vous ne le devez pas à la générosité de Delhaize, ni à celle du cultivateur, du boucher, du brasseur ou du boulanger. Tous ces biens sont arrivés sur votre assiette parce que ses gens ont chacun très égoïstement veillé à leurs propres intérêts. « C’est en travaillant à son intérêt personnel que chacun finit par travailler de manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société que s’il avait réellement pour but d’y travailler. » C’est ce que nous dit Adam Smith. Il évoque à cet effet le concept d’une main invisible qui veille à ce que tous les efforts individuels participent à un équilibre optimal pour l’ensemble des acteurs de notre société.

Léon Walras, un autre économiste, précisera cette pensée : chaque acteur dans un marché recherche à maximiser ses intérêts. Et, en situation de concurrence parfaite, cela conduit à un équilibre optimal.
Hélas, la concurrence n’est pas parfaite et rend cet équilibre inaccessible. Il semble en effet, qu’il n’y ait pas d’équilibre qui satisfasse à la fois distributeur et consommateur, salarié et employeur, épargnant et prêteur, travail et capital. L’ambition d’arriver à cet équilibre mène le monde, malgré tout. Mais où ? Les maximiseurs d’intérêts particuliers n’ont pas empêché une vache européenne de recevoir 2 $ / jour de subsides alors que la banque mondiale définissait le seuil de pauvreté à un niveau de revenu équivalent. 2 $ chacun, y a-t-il un lien ? Je ne sais pas, mais il vaut mieux naître vache en Europe que pauvre dans le tiers-monde. Équilibre où es-tu ?

Nos métiers ne semblent pas rassembler les champions de l’équilibre non plus. Le consommateur dicte sa loi et la dictera de plus en plus. C’est pour cela que j’encourage les entreprises à développer une ‘valeur d’usage supérieure’ pour tous leurs stakeholders. Cette valeur unique qui vous rend plus utile que vos concurrents dans la vie quotidienne de vos stakeholders.

Vous pourriez, par exemple, vous inspirer de ce qui se fait dans le monde de la technologie où la plupart des innovations viennent des utilisateurs. La ‘user generated innovation’ est une tendance de fond selon la Stanford University. L’approche est très profitable tant que l’utilisateur en question a un intérêt personnel et important à ce que cette innovation se réalise. On en revient à Adam Smith. L’intérêt particulier prime sur la générosité.

Le consommateur lambda a tout pour être heureux. Quel intérêt aurait-il à vous aider à innover ? Aucun sauf si vous comprenez que ce consommateur gâté et omnipotent développe ses propres stratégies pour maximiser son bien-être. Cela a commencé quand il mettait une cravate dans l’espoir d’obtenir un crédit du banquier. Mais cela va bien plus loin. Aujourd’hui, des femmes actives se retrouvent régulièrement sur un blog (ladiesroom.skynetblogs.be) pour échanger des points de vue sur tous les produits, services, règlements et attitudes qui ne tiennent pas compte de la vie que mènent ces femmes. D’autres consommateurs se fédèrent pour acheter moins cher. D’autres se réunissent pour banquer sans banquier. Et je ne parle pas des start-up qui se demandent bien pourquoi elles auraient besoin d’une agence de pub. Il trouverait peut-être intéressant que vous l’aidiez dans le développement de ces stratégies.

Nos clients et les clients de nos clients ont des stratégies qui visent à maximiser leur bien-être. Et nous, nous nous contentons bien souvent de développer des stratégies qui restent « market-driven », en produisant un peu plus ou un peu mieux que le concurrent. Ce qui conduit à une surenchère qui érode les marges. La survie n’est pas fonction du concurrent. Elle est fonction de disruption avec la concurrence. Elle dépend de votre capacité à mener un marché : to drive a market.

Et cette capacité passe définitivement par la stratégie de vos clients. Alors, je vous invite à diviser le travail. Pourquoi ne pas confier à nos clients une partie de la tâche qui consiste à les satisfaire au-delà de toutes attentes ? C’est vache ? Pas forcément. Souvenez-vous du titre. Souvenez-vous du flatpacking ou de l’open-stock d’Ikea, c’était cela aussi : ils confient le montage et le transport des meubles aux clients. Ikea peut se concentrer sur le design plutôt que le montage et le transport, le client, quant à lui, a plus de choix et un prix plus attractif. Du win/win sans escalade de coûts. CQFD.
Patrick Willemarck pour Media Marketing

Religion


" Je suis né de réligion hébraïque mais après, je me suis converti au narcissisme."

Woody Allen
dans son film Scoop.

A propos d'imbéciles.


"Le problème du monde, c'est que les imbéciles sont présomptueux et les gens intelligents bourrés de doutes." Bertrand Russel

"On est stupéfait de la quantité de critiques que peut contenir un imbécile." Victor Hugo

01 mai 2007

Gauche - droite, gauche - droite, gauche - droite...

A ce rythme on finit par marcher au pas. Les vieux clichés semblent condamner à disparaître en ces périodes électorales où des Bayrou et autres Milquet se mettent entre deux chaises pour récolter les mécontents du socialisme ou du libéralisme. Cette position ne fait que renforcer la polarisation. Ce faisant on oublie que le libéralisme, à l'origine, est un mouvement contestataire et donc bel et bien de gauche. C'est par abus de language et parfois par abus des tenants du titre qu'on a fini par étiqueter les partisans du libéralisme comme des conservateurs et les autres comme des gauchistes réformateurs ou rêveurs. Fondamentalement, aujourd'hui, qui peut encore oser prétendre qu'il faut être conservateur. Pour conserver notre planète, c'est du changement qu'il faut. Et la gauche a du boulot, paradoxalement. Que ce soit Elio Di Rupo ou Ségolène. Pour eux et leurs sympathisants je veux retenir ces mots de Jean Daniel dans le Nouvel Observateur du 26 avril: "On doit comprendre que pour la gauche les valeurs de solidarité dominent mais non éliminer les valeurs de compétition. Que la volonté de répartir les richesses doit être associée à l'obsession d'en créer. Qu'aucune dépense ne doit être promise qui ne soit compensée par l'annonce d'une recette équivalente..."
Ce que je crains, c'est que les voix qui se gagnent entre deux chaises soient celles d'électeurs que la politique laisse trop souvent entre deux chaises. Les voix des classes moyennes, des indépendants. Et ces gens là peuvent être la meilleure et la pire des choses parce qu'ils ont trop de soucis pour se péoccuper de la démocratie et de la politique. Ces gens là amènent des Bush au pouvoir. Ils pourraient bien y amener un Sarkozy dont Michel Onfray fait un portrait inquiètant dans la revue Philosophie:
"J'ai de la compassion pour un être qui se détourne autant de lui-même, qui déteste son enfance,, qui rit du projet de Socrate (connais-toi toi-même), qui veut toujours être dans un temps qui n'existe pas et qui, pour ce faire, piétine son présent avec la même ardeur qu'il foule son passé lointain; j'ai de la compassion pour cet individu qui voudrait tellement être aimé et, maladroit, se fait tellement détester; j'ai de la compassion pour cet homme blessé qui croit pouvoir panser ses plaies aves les fétiches de la puissance; j'ai de la compassion pour cet homme fragile qui surjoue tellement la force ; j'ai de la compassion pour cet homme qui n'échappera pas à lui-même : qu'il soit un jour président de la République ou qu'il ne le soit pas."
Et moi j'ai peur d'un homme qui dit "sans règles, pas de transgression. Donc pas de liberté..." Que mon fils le pense et le joue à 15 ans, c'est sain. A l'âge de Sarko, y aurait comme un souci que 30% des français ne voient pas. (A lire également, Courrier International et sa une sur Sarkoland). Mais voilà, cela me rappelle la question que me posait un de mes premiers patrons à propos de la pertinence d'une recommandation que nous faisions: "do you want to be right or president ?" Je n'y peux rien, mais des deux options, je garde une préférence pour celle de gauche. J'aime bien que ce soit juste. Mais il ne me déplaît pas non plus d'avoir raison, jusqu'à preuve du contraire ;o)

La bonne taille.


Coluche a dit un jour que le débat entre grands ou petits était tout à fait dépassé. La bonne taille précisait-il, c'est celle qui permet aux pieds de toucher le sol.
J'adore. Même si je pense que l' extension idéale relie la tête dans les étoiles aux deux pieds sur terre pour nous faire entrer dans l'infiniment grand. L'infiniment beau.

05 mars 2007

L’Espagne et l’Italie s’opposent à des campagnes « porno chic » de Dolce & Gabbana. Le Jury d'éthique publicitaire suivra-t-il ?

On en viendrait à se demander si la séparation du pouvoir et du religieux existe dans ces pays. Mais ce serait trop simple, je parie que notre JEP (Jury D’Ethique Publicitaire) va sanctionner dans le même sens parce qu’un jury bien pensant estimera que la propagation de ce genre d’images n’est pas bonne pour la société. Ces gens nantis de je ne sais trop quel savoir ou compétence peuvent juger de ce qui est bon ou non pour le peuple. Sans doute le font-ils en fonction de normes morales édictées dans un passé récent encore lourd de notre héritage judéo-chrétien. Ils devraient lire le livre de James Surowiecki, The wisdom of crowds. La foule est bien plus sage et mature que ce que ces jurys peuvent penser. Par ailleurs, la censure de ces images risque à terme d’en accélérer la propagation sur le net où la rumeur se colporte sans qu’un jury ne puisse intervenir. Alors, à quoi bon ? Pour faire plaisir au Pape qui limite le sexe à la fonction de reproduction. Il n’a pas tort, tant que cela ne concerne que les animaux. Mais l’animal cortexé que nous sommes peut, lui, s’affranchir de ces lois de l’espèce que sont le sexe et la mort. La médecine marque des points contre la mort et prouve que nous devons pas nous résigner aux lois de l’espèce. Quant au sexe, que serait-il sans l’érotisme et le plaisir ? Y-a-t-il un gouvernement dans ce monde qui oserait légiférer à l’encontre d’une éthique de l’hédonisme immanent ? La vraie question est celle que posent les politiques aujourd’hui avec plus ou moins de bonheur : que veut le peuple. Dans une société riche et développée le plaisir du sexe, comme le rappelle le professeur de la KUL dans un interview au Morgen, est un plaisir qui correspond à la satisfaction d’un des besoins de Maslow : le besoin d’épanouissement. Va-t-on le nier ou l’interdire ? Va –t-on décréter quelle pratique peut susciter l’épanouissement et laquelle ne le peut pas ? La publicité est devenue un terrain de jeu facile pour les politiques qui espèrent encore gagner quelques voix chez les pudibonds qui à force de principes à respecter se dispensent de devoir penser. Or c’est en renonçant au temps de penser qu’on perd son temps et le nôtre. L’image divulguée par Dolce & Gabbana, n’apparaîtra pas dans les magasines les plus populaires. Elle est destinée à la cible qui a les moyens de se payer du Dolce & Gabbana. L’exposition à la publicité est sélective. Ce n’est pas parce qu’on est dans un media de masse que la masse nous verra. Il y a moins de 15% des annonces d’un magasine qui sont mémorisées selon les moyennes d’études de Day after recall. Ces études demandent aux lecteurs s’ils ont lu tel ou tel magasine et s’ils se souviennent de la pub qu’ils y ont vue. Si oui, lesquelles ? Les résultats agrégés de ces études tendent à démontrer que le public ne voit que ce qu’il veut voir. Pour accroître la visibilité on essaie donc d’y glisser des ingrédients tels que le sexe, parce que c’est bien connu, c’est le cul qui mène le monde. La tendance est nettement plus développée d’ailleurs dans le secteur de la mode qui travaillent rarement avec des agences de publicité. Les créateurs qui sont à la base de l’industrie de la mode ne s’entendent qu’avec d’autres créateurs pas avec des créatifs. Mais peu importe. L’érotisme qui occupe les annonces de publicité des couturiers et les autres, le cas échéant (je pense à Häagen Dasz ou Magnum) agit comme un symbole. Un symbole dans le sens allemand du terme, « Sinnbild », c’est une image (bild) qui a du sens (sinn). Mais qui lui donne du sens ? Un jury ? Le Pape ? Le lecteur ? Chacun d’eux donnera à ce symbole un sens qui fait le pont avec son vécu. Le jury chargé d’un vécu qui doit juger, jugera. Le Pape condamné au célibat n’y verra que mauvaises tentations. Et le lecteur, ce sera selon son histoire, son éducation, son épanouissement, selon sa vie. Ce n’est pas en bannissant de telles annonces qu’on rendra notre société moins futile ni moins agressive. Ceux qui le prétendent sont lâches. Bannir de telles annonces est un combat d’arrière garde qui relève d’une société dominée par les valeurs masculines (dont les femmes ne sont pas dépourvues) : celle du pouvoir qui dicte sa loi. Dans ce monde l’annonce aurait le pouvoir de dire aux jeunes, allez-y en D&G, le Gang Bang est facilité et encouragé. Le jury aurait le pouvoir de dire non, cela ne passe pas, ce n’est pas bien. Le lecteur, on ne lui demande pas son avis. Je crois que ces valeurs s’affaiblissent au profit de valeurs féminines (dont les hommes ne sont pas exclus), des valeurs qui font la place belle à la liberté et l’exercice de choix libres et autonomes dans le respect de notre interdépendance avec le reste de la planète. Je respecte qu’on soit contre cette annonce. L’idée qu’on l’interdise me semble horrible et arriérée. On verra ce qu’en fera le jury ?
Patrick Willemarck, article paru dans De Morgen et De Standaard le 7 mars 2007.

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